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Avril 2024

LE POINT DE VUE DU CIO

L’influence des régulateurs sur la direction des marchés à travers l’Asie ne peut être ignorée. Nous avons décrit le mois dernier comment le gouvernement coréen a décidé de soutenir la valorisation de son marché boursier grâce à son “Programme de Valorisation des Entreprises” qui incite toutes les entreprises cotées à améliorer leur gouvernance en répondant aux intérêts des actionnaires minoritaires par le biais d’une augmentation des dividendes, de rachats d’actions, d’une hausse du bénéfice par action et d’une amélioration du rendement des capitaux propres. Il s’agira d’une approche de « carotte et de bâton » qui verra d’une part une réforme du système de taxation des dividendes (dont les détails seront annoncés en juin), et d’autre part la mise en exergue de ces indicateurs et la dénonciation des retardataires à travers une approche nominative. Ces mesures annoncées en février ont contribué à la bonne performance des actions coréennes en mars, l’indice principal Kospi ayant progressé de 4%, et l’indice orienté technologie Kosdaq ayant progressé de près de 5%. Il est vrai que le fait que Samsung Electronics ait été choisi par NVIDIA pour fournir des puces de mémoire à haute bande passante au géant américain de l’intelligence artificielle, comme l’a rapporté Nikkei Asia, a sûrement aidé (Samsung a progressé de près de 12% en mars).

Les régulateurs ont également été actifs en Chine. Le régulateur des valeurs mobilières CSRC a publié quatre documents en mars sous la direction de son nouveau président, Wu Qing, surnommé le “boucher des courtiers” après avoir réprimé la manipulation des actions lorsqu’il était à la tête de la Bourse de Shanghai. Des règles strictes seront mises en œuvre pour raviver la confiance dans le marché boursier en “interdisant strictement la poursuite aveugle des introductions en bourse et la collecte excessive de financements à des fins lucratives”. Les autorités ont annoncé une répression contre la fraude financière, les fausses déclarations et les astuces comptables, dans le but de restaurer la confiance des investisseurs chinois, sérieusement ébranlée. Le régulateur a déclaré ouvertement qu’il voulait réduire le nombre d’introductions en bourse et orienter la liquidité vers le marché secondaire, car les introductions en bourse ne font rien pour stimuler le cours des actions des entreprises existantes. Cela devrait espérons-le apporter une impulsion positive aux indices boursiers. Un article intéressant publié en mars par Jefferies a souligné que le nombre d’entreprises cotées en Chine continentale est passé de 2537 en février 2014 à 5363 en février 2024. En revanche, le nombre d’entreprises américaines cotées aux États-Unis est passé de 8090 en 1996 à 4315 à la fin de 2023. Cela est dû à un boom des fusions-acquisitions et des rachats d’entreprises qui ne s’est jamais produit en Chine. Aux côtés des rachats d’actions omniprésents, cette tendance explique en partie pourquoi le marché américain a surperformé de manière significative les marchés chinois au cours des 25 dernières années.

Un troisième régulateur particulièrement actif en mars était SEBI, l’autorité de régulation des marchés indiens. Son intention actuelle est exactement le contraire de ce que cherchent à accomplir les régulateurs coréens et chinois : refroidir le marché boursier indien, et plus spécifiquement les secteurs des petites et moyennes capitalisations qui ont connu une forte croissance au cours des deux dernières années. Pour ce faire, SEBI a l’intention de modifier la règle qui stipule que les fonds spécialisés en sociétés de petites et moyennes capitalisations doivent investir au moins 65% de leurs actifs dans des petites et moyennes capitalisations. Conscient de la valorisation tendue de cet espace d’investissement, SEBI a annoncé qu’il s’apprêtait à modifier cette règle et à inciter de tels fonds à élargir leur mandat aux grandes capitalisations dans le but de renforcer une gestion prudente des risques. En conséquence, le secteur des petites et moyennes capitalisations en Inde a enregistré des pertes en mars.

Sur le front macroéconomique, notre attention a été attirée par les données de croissance des exportations de la Chine au cours des deux premiers mois de l’année. À une époque où le découplage de la Chine est devenu un leitmotiv à travers les économies développées, il n’aurait pas été surprenant de voir les exportations chinoises souffrir. Comme nous l’avions prévu, les exportations chinoises vers l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, un pays sous forte influence américaine qui s’éloigne rapidement de la Chine, étaient en contraction d’une année sur l’autre au cours des deux premiers mois de l’année (en combinant janvier et février pour lisser l’impact du Nouvel An chinois). La part de la Chine dans les exportations coréennes est passée de 25,2% début 2022 à 19,6% en février dernier, tandis que les exportations coréennes vers les États-Unis sont passées de 14,7% à 18,5% sur la même période. La croissance des exportations vers les États-Unis et l’Asie du Sud-Est n’était pas en contraction, mais elle était très peu élevée. Cependant, les exportations vers le continent africain ont augmenté de 21% d’une année sur l’autre, vers l’Amérique latine de 20,6%, vers l’Inde de 12,8% et vers la Russie de 12,5%. En combinant toutes ces données, les exportations chinoises ont augmenté de 7,1% d’une année sur l’autre au cours des deux premiers mois de l’année, contre 2,3% en décembre, bien au-dessus du consensus Bloomberg qui prévoyait une croissance de 1,9%. La hausse des exportations à destination de ces marchés émergents pourrait être renforcée dans les mois à venir par la décision prise en mars par la PBoC de laisser le yuan se déprécier en dessous de 7,2 face au dollar après avoir résisté aux forces du marché pendant quatre mois pour éviter les sorties de capitaux.

Ces données robustes qui concernent les exportations se sont traduites par un nouveau sous-PMI officiel des exportations pour le mois de mars de 51,3, la première fois en un an que cet indicateur est en territoire d’expansion. L’accélération des exportations est l’une des principales raisons pour lesquelles l’indice PMI manufacturier de la Chine était de 50,8 en mars, également en territoire d’expansion pour la première fois depuis septembre de l’année dernière. L’économie chinoise montre de plus en plus de signes de reprise.

Enfin, un point de données spectaculaire est venu d’Inde avec l’indice PMI manufacturier HSBC India atteignant un niveau record de 59,1, contre 56,9 en février. Cet indicateur économique clé est en expansion constante (c’est-à-dire supérieur à 50) depuis juillet 2021.

COMMENTAIRE DU GERANT

Source : Bloomberg, JKC – April 2024

 

Après un solide rebond de 8,5% en février, l’indice MSCI Chine a enregistré une performance modérée de +0,9% en mars. Cependant, les investisseurs sont maintenant plus enclins à croire que nous avons peut-être passé le creux. Depuis le plus bas enregistré le 22 janvier, l’indice MSCI Chine a progressé de 11,6%; et depuis son point bas du 2 février, l’indice CSI300 a progressé de 11,2%.

Les déclencheurs derrière ce rallye sont multiples. Ils incluent le remplacement du président de la CSRC, le régulateur des marchés financiers, le 7 février. Comme l’histoire l’a montré par le passé, chaque fois que le président de la CSRC est remplacé, le marché a tendance à rebondir, surtout si cela intervient après une baisse prolongée. Cela s’est avéré encore une fois. En plus des commentaires faits plus tôt dans ce rapport, une série de mesures ont été prises par la nouvelle équipe de la CSRC, allant de l’interdiction de la vente à découvert par des fonds quantitatifs qui avaient fait pression sur le marché, à renforcer la confiance des investisseurs avec des mesures telles que la suspension des introductions en bourse pour réduire les flux de liquidités du marché secondaire vers le marché primaire et promouvoir de meilleurs rendements pour les actionnaires minoritaires avec des ratios de distribution de dividendes plus élevés.

Pendant ce rebond, nous avons également vu plus de signes de redressement de l’économie. Des chiffres en hausse ont été publiés les uns après les autres, à l’exception du secteur immobilier, toujours en berne. En plus de ce que nous avons écrit le mois dernier sur la fin du déstockage des stocks industriels et une reprise graduelle de la demande des consommateurs, nous avons également eu de solides données d’exportation et des lectures de l’indice PMI. Nous avons été ravis d’avoir lu dans l’ensemble des bons résultats lorsque ceux-ci ont été annoncés, aussi bien à Hong Kong qu’en Chine continentale, et ce pour de nombreux secteurs.

Les investisseurs ont également été témoins de plus grands efforts du gouvernement pour renforcer la confiance. Le fait que la Chine ait fixé un objectif de croissance du PIB pour 2024 de 5% est perçu comme une manière de restaurer cette confiance, même si de nombreux économistes considèrent ce chiffre comme très agressif puisque le biais statistique de la faible base de l’année dernière ne se répétera pas cette année. Vers la fin du mois, le président chinois Xi a rencontré de manière inattendue un groupe de dirigeants d’entreprises américaines pour montrer que la Chine continue à accueillir les entreprises étrangères malgré des tensions géopolitiques croissantes. Lors de la réunion, Xi a “reconnu les problèmes de l’économie intérieure, ajoutant que le gouvernement pourra les gérer, et que l’économie chinoise n’a pas atteint son sommet”. Xi a également mentionné que “l’ouverture de la Chine ne s’arrêtera pas là”. Bien qu’il y ait pour l’instant plus de discours que d’actions concrètes, nous ressentons pour la première fois depuis plus de deux ans que les choses évoluent dans la bonne direction.

C’est dans ce contexte que nous avons décidé de réduire notre sous-pondération à Hong Kong et à la Chine. Poussé par la frénésie de l’intelligence artificielle, Taïwan a été le marché le plus performant en Asie. Il a peut-être été trop loin. Nous avons réduit notre surpondération de Taïwan au cours du mois pour augmenter notre exposition chinoise. Nous avons maintenu un portefeuille équilibré en mars avec des pondérations semblables au benchmark pour chaque marché majeur, c’est-à-dire Hong Kong/Chine, Taïwan, Corée et Inde, et nous avons l’intention de le garder ainsi pour le moment.

PORTEFEUILLE CHINE

La valeur nette d’inventaire par action de La Française JKC China Equity a augmenté de 3.0% en mars, alors que l’indice MSCI China gagnait 0.9%.

La position de trésorerie du fonds s’élevait à 5.2% à la fin du mois.

Zijin Mining et JCHX Mining Management ont été les plus grands contributeurs à la performance, enregistrant respectivement des hausses de 23% et 22%. Shenzhou a également contribué en gagnant 15% et en inversant la tendance du mois dernier après que l’entreprise ait annoncé de solides résultats et donné des perspectives encourageantes. En revanche, Yum China a rendu une partie de sa performance. Le fait que nous n’ayons pas autant d’exposition à Tencent que l’indice et aucune exposition à JD.com a réduit notre performance relative.

En ce qui concerne les transactions, nous avons pris des bénéfices sur Fuyao Glass, Shenzhou International, Zhejiang Sanhua et JCHX Mining Management. Nous avons augmenté notre exposition à Rianlon et nous avons ajouté à nouveau à notre portefeuille SITC International. Nous avons également initié deux nouvelles positions : Jiangzhong Pharmaceutical et Shenzhen Transsion.

PORTEFEUILLE ASIE

La valeur nette d’inventaire par action de La Française JKC Asia Equity a augmenté de 4.7% en mars, tandis que l’indice MSCI Asia ex-Japan gagnait 2.3%.

La position de trésorerie du fonds s’élevait à 3.9% à la fin du mois.

Zijin Mining, qui a augmenté de 23%, Leeno Industrial qui a progressé de 22%, et Bajaj Auto qui a augmenté de 15%, ont été les plus performants. En revanche, Yum China et Rainbow Hospital ont nui à la performance en baissant respectivement de 9,5% et 5%.

En ce qui concerne les transactions, nous avons pris des bénéfices sur Fuyao Glass, Leeno Industrial, JCHX Mining Management et Zijin Mining. Nous avons réduit notre surpondération de Taïwan en réduisant TSMC et Sinbon, et nous avons augmenté l’exposition à China Resources Beer et Xinyi Glass.

NOS INITIATIVES DU MOIS EN MATIERE D’ISR

Nous avons entamé le mois avec la SEC américaine publiant ses règles tant attendues sur la divulgation climatique, exigeant des entreprises cotées aux États-Unis de fournir, pour la première fois, des informations dans les rapports annuels et les déclarations d’enregistrement sur les risques climatiques auxquels elles sont confrontées et les plans pour faire face à ces risques. Bien qu’étant une étape importante, la règle finalisée a considérablement réduit les exigences de la proposition initiale de la SEC, en supprimant notamment l’exigence sur les émissions du Scope 3, et en exigeant la déclaration sur les émissions opérationnelles du Scope 1 et 2 uniquement pour les grandes entreprises, et même alors, uniquement lorsqu’elles sont jugées matérielles. Mais même cette version bridée a agité les élus républicains, qui ont rapidement lancé une action en justice devant la cour d’appel fédérale visant à bloquer la mise en œuvre de ces nouvelles règles, entraînant une suspension temporaire de l’ensemble du processus.

Après l’échec de la tentative d’approbation de la Directive sur le devoir de diligence en matière de durabilité des entreprises (CSDDD) par le Conseil européen en février, une version « light » de cette législation a finalement été approuvée en mars. L’un des compromis les plus importants consiste à réduire le nombre d’entreprises concernées en relevant les seuils de celles couvertes par la nouvelle législation à 1 000 employés, contre 500 auparavant, et à celles ayant un chiffre d’affaires supérieur à 450 millions d’euros, contre 150 millions d’euros précédemment, réduisant ainsi le nombre d’entreprises dans le champ d’application de la CSDDD d’environ les deux tiers.

Vers la fin du mois, l’Allemagne a lancé un programme de 23 milliards d’euros pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2045 sans détruire sa base industrielle intensive en énergie. Basé sur le concept de “contrats à différence”, le programme vise à aider les entreprises des secteurs tels que l’acier, le ciment et le verre en couvrant leurs dépenses supplémentaires engagées dans l’utilisation de technologies plus propres, par rapport aux processus conventionnels. Bien que des programmes similaires aient été utilisés pour aider le déploiement des énergies renouvelables dans de nombreuses régions du monde, l’étendue des technologies couvertes par ce programme ainsi que son ampleur sont en effet sans précédent.

Suite à la publication des nouvelles règles de divulgation d’informations sur la durabilité par les trois principales bourses chinoises en février, plusieurs villes chinoises, dont Beijing, Shanghai et Suzhou, ont publié leurs propres plans d’amélioration de la performance ESG en mars. Par exemple, Beijing vise à atteindre un taux de divulgation ESG de 70% parmi toutes les entreprises cotées basées à Beijing d’ici 2027, tandis que Suzhou prévoit de développer une industrie de services liés à l’ESG avec un chiffre d’affaires atteignant jusqu’à 65 milliards de yuans (8,9 milliards de dollars) d’ici 2025.

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